Le cancer de la cavité buccale regroupe les tumeurs de la langue mobile, du plancher buccal, de la gencive, du palais dur, de la joue et de la lèvre. C'est le cancer ORL le plus fréquent au Maroc, lié à la consommation de tabac et d'alcool (90 % des cas), parfois à une mauvaise hygiène bucco-dentaire chronique. Le carcinome épidermoïde représente plus de 90 % des cas. Le traitement repose le plus souvent sur la chirurgie d'exérèse, suivie d'une radiothérapie postopératoire IMRT en cas de critères de haut risque, parfois associée à une chimiothérapie.
Votre parcours pour un cancer de la cavité buccale
Le Dr Bentahila coordonne la stratégie chirurgie–radiothérapie pour optimiser la guérison et la fonction orale.
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Diagnostic
Examen ORL, biopsie de la lésion buccale, scanner cervico-facial, IRM, bilan dentaire.
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Chirurgie
Exérèse tumorale, curage cervical, reconstruction par lambeau si nécessaire (ORL et chirurgien maxillo-facial).
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Radiothérapie postop
IMRT en 30–33 séances si marges positives, embols, engainement périnerveux, N+.
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Rééducation
Orthophonie, kinésithérapie de déglutition, nutrition, suivi dentaire fluoré à vie.
Localisations et histologie
- Langue mobile (bord latéral, surtout) — la plus fréquente
- Plancher buccal
- Gencive et trigone rétromolaire
- Muqueuse jugale (joue)
- Palais dur
- Lèvre (forme exposée au soleil)
Le carcinome épidermoïde représente plus de 90 % des cancers. Les lésions précancéreuses (leucoplasie, érythroplasie) doivent être surveillées étroitement.
Facteurs de risque
- Tabac (cigarette, chicha, tabac à chiquer) — RR ×6 à ×10
- Alcool — RR ×4, synergique avec le tabac (RR ×35)
- HPV 16 (minoritaire dans la cavité buccale)
- Mauvaise hygiène bucco-dentaire chronique, dents délabrées
- Carences nutritionnelles (vitamine A, fer, zinc)
- Exposition solaire chronique (cancer de la lèvre)
- Lésions précancéreuses non traitées
Symptômes d'alerte
Toute lésion buccale persistant plus de 3 semaines doit être biopsiée. Signes évocateurs :
- Ulcération buccale indolore au début, à bords surélevés, qui ne cicatrise pas
- Tuméfaction indolore de la langue, du plancher, de la joue ou de la gencive
- Leucoplasie (plaque blanche) ou érythroplasie (plaque rouge veloutée) — lésions précancéreuses
- Saignement spontané d'origine inexpliquée
- Otalgie réflexe, douleur irradiant vers l'oreille
- Adénopathie cervicale dure, indolore, fixée
- Mobilité dentaire récente, dent qui « bouge » sans cause
Bilan diagnostique
- Biopsie de la lésion sous anesthésie locale ou générale — diagnostic histologique de certitude
- Panendoscopie en cas de cancer confirmé — recherche d'un second cancer synchrone (5–10 %)
- Scanner cervico-facial + thoracique avec injection — bilan d'extension
- IRM de la cavité buccale — précise l'extension aux structures osseuses (mandibule, maxillaire)
- TEP-FDG si N+ ou cancer avancé
- Bilan dentaire complet — soins, extractions, empreintes pour gouttière fluorée
- Évaluation nutritionnelle, kinésithérapie de déglutition préventive
Stratégie thérapeutique
La chirurgie est le traitement de première intention pour les cancers de la cavité buccale opérables. La radiothérapie postopératoire est indiquée en cas de critères de haut risque.
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Chirurgie première
Exérèse tumorale large (marges saines), curage cervical (sentinelle ou complet), reconstruction par lambeau si besoin.
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Radiothérapie IMRT postop
en 30–33 séances. Indiquée si marges positives, T3-T4, N+, embols vasculaires, engainement périnerveux.
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Chimio concomitante
Cisplatine + radiothérapie si marges positives ou rupture capsulaire ganglionnaire — bénéfice de survie démontré.
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Inopérables
Radio-chimiothérapie exclusive + chimiothérapie. Choix dépendant de la performance status et de l'âge.
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Récidive / métastatique
Immunothérapie (immunothérapie, immunothérapie), thérapie ciblée, chimiothérapie de rattrapage.
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Soins de support
Soins dentaires fluorés à vie, orthophonie, kinésithérapie de déglutition, nutritionnel, soutien psychologique.
Radiothérapie IMRT — technique et précautions
- Dose tumorale : en 30 fractions (postopératoire R0), si marges positives, en radiothérapie exclusive
- Dose ganglionnaire prophylactique : sur les aires cervicales bilatérales
- Épargne des organes critiques : moelle <, parotides < en moyenne, mandibule <
- Bilan dentaire et gouttière fluorée indispensables avant traitement
- IGRT quotidienne par imagerie cone-beam pour précision millimétrique
Prévention de l'ostéoradionécrose
Le traitement dentaire avant la radiothérapie est crucial. L'ostéoradionécrose, complication redoutable, est presque toujours évitée si :
- Toutes les dents délabrées sont extraites avant le début de la radiothérapie (cicatrisation 3 semaines)
- Une gouttière fluorée est portée à vie, tous les soirs
- Aucune extraction dentaire post-radiothérapie n'est faite sans accord du radiothérapeute
- Les soins dentaires sont suivis à vie chez un dentiste informé du traitement
Questions fréquentes — cancer de la cavité buccale
Vais-je perdre toutes mes dents ?
Non. Le bilan dentaire pré-radiothérapie permet de conserver toutes les dents saines. Seules les dents délabrées non conservables sont extraites. La fluoroprophylaxie à vie protège ensuite efficacement contre les caries radio-induites.
La chirurgie va-t-elle me défigurer ?
Les techniques modernes (lambeaux libres microchirurgicaux, reconstructions par chirurgie maxillo-faciale) permettent de préserver l'esthétique et la fonction (parole, mastication). Le Dr Bentahila travaille avec une équipe chirurgicale spécialisée en reconstruction.
Pourrai-je parler et manger normalement ?
La rééducation orthophonique post-traitement permet une récupération fonctionnelle satisfaisante dans la majorité des cas. La nutrition est adaptée par une diététicienne pendant et après la radiothérapie.