Le cancer du larynx représente environ 30 % des cancers ORL, avec une nette prédominance masculine (sex ratio 8/1) et un lien fort avec le tabac et l'alcool. Détecté tôt grâce à la dysphonie persistante, son pronostic est très favorable : la radiothérapie permet une préservation laryngée dans 80 à 90 % des cancers localisés, avec conservation de la voix après rééducation orthophonique. Le Dr Bentahila utilise l'IMRT pour épargner précisément les structures adjacentes (carotides, moelle, glandes salivaires) tout en délivrant la dose curative.
Votre parcours pour un cancer du larynx
Du diagnostic à la rééducation vocale, le Dr Bentahila coordonne chaque étape pour préserver votre voix.
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Laryngoscopie
Examen ORL spécialisé, laryngoscopie directe sous AG, biopsie, classification T (T1a, T1b, T2, T3, T4).
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Bilan
Scanner cervico-facial + thoracique, IRM si besoin, TEP-FDG si N+, bilan dentaire complet.
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Traitement
Stades précoces : radiothérapie seule (préservation vocale). Stades plus avancés : association radiothérapie + chimiothérapie.
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Rééducation
Orthophonie post-radiothérapie pour récupération vocale optimale, suivi laryngoscopique trimestriel.
Anatomie du larynx
Le larynx comprend 3 étages, chacun ayant un comportement tumoral différent :
- Sus-glotte (épiglotte, bandes ventriculaires) — riche en lymphatiques → adénopathies fréquentes, pronostic plus réservé
- Glotte (cordes vocales) — peu de drainage lymphatique → adénopathies rares, symptômes précoces (dysphonie), meilleur pronostic
- Sous-glotte — localisation rare, souvent étendue au diagnostic
Plus de 95 % des cancers du larynx sont des carcinomes épidermoïdes.
Facteurs de risque
- Tabac — facteur de risque principal (RR ×10 à ×20 selon la consommation)
- Alcool — effet synergique avec le tabac (RR ×35 si association)
- Reflux gastro-œsophagien chronique
- HPV 16 — minoritaire au larynx (< 5 %)
- Exposition professionnelle (amiante, nickel, ciment, poussières)
- Carences nutritionnelles, mauvaise hygiène bucco-dentaire
Symptômes d'alerte
Toute dysphonie persistant plus de 3 semaines chez un fumeur impose une laryngoscopie. Autres signes :
- Modification de la voix (raucité, voix bitonale, voix étouffée) persistante
- Dyspnée laryngée (gêne respiratoire) ou stridor — signe de tumeur volumineuse
- Dysphagie haute ou odynophagie — surtout dans les localisations sus-glottiques
- Otalgie réflexe — douleur de l'oreille sans pathologie auriculaire
- Adénopathie cervicale dure, fixée — fréquente dans le sus-glottique
- Hémoptysie (rare), perte de poids, dégradation de l'état général
Bilan diagnostique
- Laryngoscopie indirecte en consultation — première étape rapide
- Nasofibroscopie souple — exploration fine de la mobilité cordale et de la mobilité aryténoïdienne
- Laryngoscopie directe en suspension sous AG — diagnostic histologique, cartographie précise, biopsies multiples
- Scanner cervico-thoracique avec injection — extension locale (cartilage thyroïde, espaces paraglottiques, sous-glotte), recherche d'adénopathies, métastases pulmonaires
- IRM cervicale si extension cartilagineuse douteuse
- TEP-FDG si N+ ou suspicion de second cancer synchrone
- Bilan préopératoire et préradiothérapique — bilan dentaire complet (soins, extractions, gouttière fluorée), bilan nutritionnel, EFR
Stratégie thérapeutique selon le stade
Le choix du traitement dépend de la localisation (sus-glottique, glottique, sous-glottique) et du stade TNM. La radiothérapie est le traitement de référence pour la préservation laryngée :
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Stade précoce (T1)
Radiothérapie seule ou cordectomie au laser. Très bonnes chances de guérison.
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Stade T2
Radiothérapie de précision. La voix est préservée dans la grande majorité des cas.
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Stades plus avancés
Association radiothérapie + chimiothérapie pour préserver le larynx, avec des résultats comparables à la chirurgie radicale.
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T4 avec invasion cartilagineuse
Laryngectomie totale + curage cervical + radiothérapie postopératoire ± chimiothérapie.
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Récidive / métastatique
Pembrolizumab ou immunothérapie (immunothérapie immunothérapie), ± thérapie ciblée, chimiothérapie de rattrapage.
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Soins de support
Orthophonie, fluoroprophylaxie dentaire, kinésithérapie respiratoire, sevrage tabac/alcool, soutien psychologique.
La radiothérapie IMRT du larynx — technique de précision
L'IMRT permet de délivrer une dose curative sur la tumeur et les ganglions à risque tout en épargnant les organes critiques :
- Dose tumorale : 66 à en 33–35 séances /fraction) — protocole ESTRO standard
- Dose prophylactique ganglionnaire : sur les aires cervicales II, III, IV à risque
- Hypofractionnement T1 glottique : en 20 fractions de 2, — durée réduite à 4 semaines, résultats équivalents
- Épargne des organes à risque : moelle <, parotides < en moyenne, carotides <, constricteurs pharyngés inférieurs <
- IGRT quotidienne — vérification de la position par imagerie cone-beam CT avant chaque séance
Préservation vocale — votre voix après traitement
L'objectif principal du Dr Bentahila pour les cancers du larynx est la préservation laryngée fonctionnelle :
- Cancers T1-T2 glottiques — la radiothérapie permet une préservation laryngée complète dans 90 à 95 % des cas, avec une qualité vocale proche de la normale après rééducation
- Cancers T3 réséquables — le protocole de préservation laryngée par radio-chimiothérapie concomitante évite la laryngectomie totale dans 70 à 80 % des cas, avec survie identique à la chirurgie
- Rééducation orthophonique — démarrée dès la fin du traitement, elle optimise la récupération vocale en 3 à 6 mois
- Voix post-radiothérapie — légère raucité résiduelle possible, mais voix conversationnelle normale dans la majorité des cas, sans canule trachéale
Prévention et gestion des effets secondaires
- Mucite et laryngite radique (3e–4e semaine) — protocole de soins, antalgiques palier 2, parfois palier 3, alimentation molle
- Œdème laryngé transitoire — corticothérapie ponctuelle si gêne respiratoire
- Xérostomie modérée — l'IMRT épargne les parotides, réduisant fortement ce symptôme
- Hypothyroïdie radique tardive — surveillance TSH annuelle pendant 10 ans, substitution si besoin
- Sevrage tabac/alcool impératif — le tabagisme persistant majore la toxicité et le risque de second cancer (poumon, œsophage)
Questions fréquentes — cancer du larynx
Pourrai-je parler après la radiothérapie ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Pour les cancers T1-T2 glottiques, la voix est préservée dans 90 % des cas après rééducation orthophonique. Pour les cancers plus avancés traités par radio-chimiothérapie, la préservation laryngée fonctionnelle atteint 70 à 80 %.
Combien de temps dure le traitement ?
Radiothérapie exclusive : 30 à 35 séances sur 6–7 semaines, du lundi au vendredi. Avec chimiothérapie concomitante (T3-T4) : durée identique, avec une perfusion de chimiothérapie toutes les 3 semaines.
Faut-il arrêter de fumer pendant le traitement ?
Absolument. Le tabagisme pendant la radiothérapie réduit l'efficacité du traitement de 30 %, augmente la toxicité et favorise les récidives. Le Dr Bentahila vous oriente vers une consultation tabacologique au moment du diagnostic.
Risque-t-on une trachéotomie ?
Non, en règle générale. Une trachéotomie temporaire n'est nécessaire que si la tumeur cause une dyspnée aiguë avant traitement. Avec la préservation laryngée par radiothérapie, la trachéotomie définitive est évitée.