Rédigé par le Dr Rita Bentahila (Oncologue Radiothérapeute) — Dernière mise à jour : juin 2026
Une thérapie ciblée est envisagée : ce qu'il faut comprendre d'abord
Cette page répond directement aux questions qui se posent dans les premières heures après l'annonce d'une thérapie ciblée.
- Qu'est-ce qu'une thérapie ciblée ? C'est un traitement qui agit sur une anomalie moléculaire précise présente dans les cellules tumorales (mutation, fusion, surexpression de protéine). Contrairement à la chimiothérapie classique qui agit sur toutes les cellules à division rapide, la thérapie ciblée sélectionne les cellules tumorales porteuses de cette anomalie. C'est l'illustration de la médecine de précision en oncologie.
- Une analyse moléculaire est indispensable : avant toute prescription, il faut rechercher la cible sur la biopsie ou la pièce opératoire. Selon le cancer, on recherche : HER2 (sein, estomac), EGFR / ALK / ROS1 / BRAF / KRAS / RET / MET / NTRK (poumon), RAS / BRAF / MSI (colorectal), BRAF (mélanome), BRCA (sein, ovaire, prostate, pancréas), KIT / PDGFRA (GIST), et d'autres. Sans la cible, le traitement n'est pas indiqué.
- Combien va coûter le traitement au Maroc ? La situation est mixte : certaines thérapies ciblées sont prises en charge par l'AMO, la CNSS, la CNOPS et les mutuelles privées (AXA, RMA, Saham, Wafa, MGPAP, MAMDA, Mupras, Atlanta, FAR…) avec accord préalable dans le cadre de l'ALD. D'autres, plus récentes ou plus coûteuses, nécessitent une démarche spécifique auprès de l'ANAM. Le cabinet du Dr Bentahila évalue le statut de chaque molécule et constitue le dossier approprié.
- Comment se soigner concrètement à Casablanca ? Première étape : une consultation avec un dossier complet (compte-rendu d'anatomopathologie avec analyse moléculaire, bilan d'extension, bilan biologique récent). L'analyse moléculaire est complétée si nécessaire. Le bilan pré-thérapeutique est organisé (cardiaque, biologique, dermatologique selon la molécule). Le dossier de prise en charge est constitué et déposé (accord préalable AMO/CNSS ou ANAM selon la molécule). Le traitement est démarré dès que possible.
En bref
- Traitement qui agit sur une anomalie moléculaire précise de la tumeur (mutation, fusion, surexpression).
- Approche de médecine de précision : traitement personnalisé selon le profil moléculaire de la tumeur.
- Analyse moléculaire préalable obligatoire sur la biopsie : HER2, EGFR, ALK, ROS1, BRAF, KRAS, RAS, BRCA, KIT… selon le cancer.
- Voies d'administration : orale (la majorité, à domicile) ou intraveineuse en hôpital de jour.
- Indications larges : sein (HER2+, hormonodépendant), poumon (EGFR/ALK/BRAF…), colorectal, mélanome BRAF, rein, GIST, ovaire (BRCA), foie, thyroïde, leucémies…
- Effets différents de la chimiothérapie : cutanés (éruption acnéiforme), digestifs (diarrhée), hypertension, cardiotoxicité, hépatiques, hématologiques selon la cible.
- Observance importante pour les formes orales (respecter horaires, doses, signaler interactions).
- Prise en charge mixte au Maroc : certaines via AMO/CNSS/CNOPS + mutuelles privées avec accord préalable, d'autres via dossier ANAM. Évaluation au cas par cas par le cabinet.
- Une résistance peut apparaître : nouvelle biopsie possible pour identifier le mécanisme et adapter la stratégie.
- Reconnu en ALD (AMO/CNSS/CNOPS + mutuelles privées) pour les molécules incluses.
Une thérapie ciblée est envisagée ?
Dr Rita Bentahila peut analyser votre dossier en consultation à Casablanca, organiser l'analyse moléculaire et la prise en charge.
Demander un avis →Le rôle de l'oncologue-radiothérapeute
Dr Rita Bentahila est oncologue-radiothérapeute à Casablanca, formée dans les CHU de Paris, Bordeaux et Lausanne. Sa double compétence en oncologie et en technique de radiothérapie lui permet d'assurer la prise en charge globale d'une thérapie ciblée : organisation de l'analyse moléculaire, prescription, surveillance clinique et biologique, gestion proactive des effets indésirables spécifiques (cutanés, cardiaques, hépatiques selon la molécule), et coordination avec les autres traitements (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie). Elle évalue le statut de remboursement de chaque molécule et constitue le dossier approprié (accord préalable AMO/CNSS ou ANAM). Toute décision lourde est validée en RCP lorsque le dossier le nécessite.
Les inquiétudes fréquentes avant de commencer
Plusieurs craintes reviennent souvent et méritent une réponse claire :
Vais-je perdre mes cheveux ?
En règle générale, non. Les thérapies ciblées n'ont pas le même profil d'effets que la chimiothérapie classique. La chute massive de cheveux n'est habituellement pas observée. En revanche, certaines thérapies ciblées provoquent des changements de texture des cheveux, des cheveux plus fins, parfois une dépigmentation. Les effets cutanés sont eux fréquents (éruption acnéiforme, sécheresse) et anticipés.
Pourquoi une analyse moléculaire ?
Parce qu'une thérapie ciblée n'est efficace que si la cible existe dans votre tumeur. Sans la mutation ou la surexpression, le traitement est inutile. L'analyse se fait sur la biopsie ou la pièce opératoire par techniques d'immuno-histochimie, FISH ou séquençage (NGS) selon les marqueurs recherchés. C'est ce qui distingue la médecine de précision en oncologie : chaque patient reçoit le traitement adapté au profil moléculaire de SA tumeur.
Et si la thérapie ciblée n'est pas prise en charge ?
La situation est variable selon la molécule. Beaucoup de thérapies ciblées sont couvertes par l'AMO, la CNSS, la CNOPS et les mutuelles privées avec accord préalable dans le cadre de l'ALD. D'autres, plus récentes ou plus coûteuses, nécessitent un dossier ANAM. Le cabinet du Dr Bentahila évalue le statut de votre molécule et constitue le dossier approprié. Si la prise en charge tarde ou est refusée : démarrage d'une stratégie alternative en attendant, exploration des programmes d'accès des laboratoires, fondations caritatives.
Pourrai-je continuer une vie normale ?
Souvent oui, en partie. Comme la majorité des thérapies ciblées sont orales et prises à domicile, l'autonomie est importante. Les effets indésirables (cutanés, digestifs surtout) peuvent imposer des adaptations. Une activité professionnelle adaptée reste fréquente. La fatigue est variable selon les molécules. Un arrêt en ALD est reconnu si besoin.
Que faire si une résistance apparaît ?
Une résistance peut apparaître au fil du temps : la tumeur trouve un moyen de contourner le blocage. Cela ne signifie pas la fin du parcours. Une nouvelle biopsie (« re-biopsie ») peut être proposée pour identifier le mécanisme de résistance et orienter la suite : autre thérapie ciblée (parfois de nouvelle génération), autre traitement (chimiothérapie, immunothérapie selon les indications). Une biopsie liquide (recherche sur prise de sang) est aussi parfois utile.
Le principe d'action
Les cellules tumorales utilisent souvent une ou plusieurs protéines de signalisation ou récepteurs pour proliférer ou se diffuser. Ces protéines sont parfois mutées, surexprimées, ou activées par une fusion génique. Les thérapies ciblées sont des médicaments qui bloquent spécifiquement ces protéines, comme une clé qui se verrouille dans la serrure de la signalisation tumorale. Résultat : la cellule tumorale ne reçoit plus les signaux dont elle a besoin pour proliférer, et meurt ou arrête de croître.
Les grandes familles
- Inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI) : petites molécules orales qui bloquent l'activité d'enzymes essentielles à la signalisation tumorale (EGFR, ALK, ROS1, BRAF, MEK, KIT, BCR-ABL, JAK, BTK, FLT3…).
- Anticorps monoclonaux : grosses molécules administrées en intraveineux, ciblant des protéines à la surface des cellules tumorales (anti-HER2, anti-EGFR, anti-VEGF…).
- Inhibiteurs de PARP : pour les cancers avec déficit de réparation de l'ADN (mutations BRCA notamment) — sein, ovaire, prostate, pancréas.
- Inhibiteurs de CDK4/6 : en association avec l'hormonothérapie pour le cancer du sein hormonodépendant métastatique.
- Anti-angiogéniques : bloquent la formation des vaisseaux sanguins de la tumeur (rein, foie, colorectal, ovaire, glioblastome…).
- Thérapies anti-HER2 : cancer du sein HER2+, certains cancers de l'estomac.
- D'autres familles continuent d'arriver rapidement avec les nouvelles cibles identifiées.
Les principaux marqueurs moléculaires recherchés
Le bilan moléculaire est adapté au cancer :
- Sein : HER2, récepteurs hormonaux, BRCA, parfois PIK3CA, ESR1, etc.
- Poumon non à petites cellules : EGFR, ALK, ROS1, BRAF, KRAS G12C, RET, MET, NTRK, HER2, PD-L1.
- Colorectal : RAS (KRAS, NRAS), BRAF, MSI, HER2, NTRK.
- Mélanome : BRAF (V600E).
- Sein / ovaire / prostate / pancréas : BRCA1, BRCA2.
- GIST : KIT, PDGFRA.
- Thyroïde réfractaire : BRAF, RET, NTRK.
L'administration
La majorité des thérapies ciblées sont en comprimés à domicile (voie orale). Certaines sont administrées en perfusion intraveineuse en hôpital de jour (notamment les anticorps monoclonaux comme les anti-HER2 ou anti-angiogéniques). Le rythme varie de quotidien (voie orale continue) à toutes les 3 semaines (anticorps monoclonaux). L'observance est essentielle pour la voie orale.
À retenir : les thérapies ciblées sont l'illustration de la médecine de précision. Chaque traitement repose sur une analyse moléculaire qui identifie la cible. Sans cible, pas de thérapie ciblée. Les indications continuent de s'élargir rapidement avec les nouvelles découvertes.
Le bilan avant de commencer
Avant la première prise, un bilan complet est organisé :
- Analyse moléculaire de la biopsie ou de la pièce opératoire : étape indispensable. Recherche des marqueurs prédictifs adaptés au cancer (HER2, EGFR, ALK, ROS1, BRAF, RAS, BRCA, KIT, MSI selon le cancer). Techniques : immuno-histochimie, FISH, séquençage NGS.
- Bilan biologique général : hémogramme, fonction rénale, fonction hépatique, ionogramme, glycémie.
- Bilan cardiaque : ECG, échographie cardiaque (mesure de la fraction d'éjection) avant les thérapies anti-HER2 ou anti-angiogéniques cardiotoxiques.
- Bilan dermatologique de référence : avant les anti-EGFR (effets cutanés fréquents) ou inhibiteurs de BRAF/MEK.
- Mesure de la tension artérielle : référence avant les anti-angiogéniques.
- Bilan thyroïdien : avant certains inhibiteurs (anti-angiogéniques, certains TKI).
- Consultation génétique : avant les inhibiteurs de PARP (test BRCA constitutionnel).
- Évaluation de la fonction de l'organe ciblé : bilan ophtalmologique, ORL selon les molécules.
- Vérification des interactions médicamenteuses : les thérapies ciblées orales peuvent interagir avec d'autres médicaments et certains aliments (pamplemousse notamment).
- Constitution du dossier de prise en charge : accord préalable AMO/CNSS ou dossier ANAM selon la molécule.
Pour quels cancers et avec quels objectifs
Les thérapies ciblées sont validées dans de nombreux cancers, avec des stratégies variées :
Cancer du sein
Sein HER2+ : les thérapies anti-HER2 (anticorps, conjugués anticorps-médicament) sont indiquées en néo-adjuvant, adjuvant et métastatique, généralement en association avec la chimiothérapie. Sein hormonodépendant métastatique : les inhibiteurs de CDK4/6 sont indiqués en association avec l'hormonothérapie. Mutation BRCA : inhibiteurs de PARP.
Cancer du poumon
L'un des cancers où la médecine de précision a le plus progressé. Cancer du poumon non à petites cellules avec altération moléculaire : EGFR, ALK, ROS1, BRAF, KRAS G12C, RET, MET, NTRK, HER2. Thérapies ciblées orales le plus souvent, avec excellents résultats chez les patients sélectionnés.
Cancer colorectal
Selon le statut moléculaire : RAS sauvage → anti-EGFR ; BRAF muté → combinaison anti-BRAF + anti-EGFR ; MSI-H → immunothérapie ; HER2+ → thérapies anti-HER2. Anti-angiogéniques souvent en association avec la chimiothérapie.
Mélanome
Mélanome BRAF muté : combinaison inhibiteur de BRAF + inhibiteur de MEK, en adjuvant ou en métastatique.
Cancer du rein
Thérapies anti-angiogéniques orales, souvent en association avec l'immunothérapie en première ligne métastatique.
GIST (tumeur stromale gastro-intestinale)
Inhibiteurs de tyrosine kinase ciblant KIT ou PDGFRA, en néo-adjuvant, adjuvant ou métastatique.
Cancers gynécologiques
Cancer de l'ovaire avec mutation BRCA : inhibiteurs de PARP en entretien après chimiothérapie. Anti-angiogéniques dans certaines indications.
Autres cancers
Carcinome hépatocellulaire, cancers de la thyroïde réfractaires, leucémies (LMC, LAM, LLC), lymphomes, sarcomes, cancers rares avec fusion NTRK… La liste s'élargit rapidement avec les nouvelles cibles identifiées.
Les modalités pratiques
Voie orale : comprimés à domicile
La majorité des thérapies ciblées se prennent en comprimés à domicile, généralement chaque jour. Cela offre une autonomie importante, mais impose une vigilance :
- Observance rigoureuse : respecter les horaires, ne pas oublier de prise, ne pas modifier les doses sans avis ;
- Interactions médicamenteuses : certains médicaments (notamment certains antiacides, anti-épileptiques, antibiotiques) peuvent modifier l'efficacité — toujours informer l'équipe ;
- Interactions alimentaires : le pamplemousse et les agrumes apparentés sont fréquemment à éviter ;
- Conservation à respecter selon les indications.
Voie intraveineuse : hôpital de jour
Certaines thérapies ciblées (anticorps monoclonaux notamment) sont administrées par perfusion intraveineuse en hôpital de jour. La pose d'une chambre implantable peut être nécessaire selon la durée et la fréquence prévue. Rythme : souvent toutes les 3 semaines.
Surveillance régulière
Consultations régulières d'évaluation clinique et biologique. Bilan biologique régulier (fonction hépatique, rénale, hémogramme selon la molécule). Échographie cardiaque tous les 3 mois pour les thérapies cardiotoxiques. Imagerie de réévaluation toutes les 8 à 12 semaines.
Prise en charge financière au Maroc : une situation mixte
La couverture des thérapies ciblées au Maroc varie selon la molécule :
- Certaines thérapies ciblées (notamment les plus établies, validées depuis plusieurs années) sont prises en charge par l'AMO, la CNSS, la CNOPS et les mutuelles privées avec accord préalable dans le cadre de l'affection de longue durée (ALD). Le délai est de quelques semaines.
- D'autres, plus récentes ou plus coûteuses, nécessitent un dossier auprès de l'ANAM (Agence Nationale de l'Assurance Maladie). Le délai est de plusieurs mois.
- Le cabinet évalue le statut de chaque molécule et constitue le dossier approprié.
- Pendant l'attente d'une éventuelle réponse ANAM : une stratégie alternative peut être mise en place pour ne pas perdre de temps.
Si la prise en charge tarde ou est refusée
- Stratégie alternative en attendant (chimiothérapie, hormonothérapie ou autre selon le cancer) ;
- Programmes d'accès aux médicaments proposés ponctuellement par les laboratoires ;
- Fondations caritatives qui financent des traitements onéreux dans le cadre du cancer ;
- Chaque situation est analysée individuellement.
Les effets secondaires : les comprendre, les gérer
Les effets secondaires dépendent de la famille de thérapie ciblée et de la cible moléculaire. Ils sont anticipés et gérés de façon proactive.
Effets cutanés (anti-EGFR, BRAF/MEK)
Très fréquents : éruption acnéiforme sur le visage et le tronc (paradoxalement signe de bonne efficacité avec les anti-EGFR), sécheresse cutanée, paronychie (inflammation autour des ongles), fissures des doigts. Prévention : crèmes hydratantes régulières, protection solaire rigoureuse, traitements topiques selon l'éruption. Une consultation dermatologique précoce est utile.
Hypertension artérielle (anti-angiogéniques)
Très fréquente. Surveillance régulière de la tension artérielle (à domicile et en consultation). Traitement antihypertenseur selon le besoin, le plus souvent efficace. Rarement, arrêt temporaire du traitement nécessaire.
Cardiotoxicité (anti-HER2, anti-angiogéniques)
Certaines thérapies anti-HER2 et anti-angiogéniques peuvent altérer la fonction cardiaque. Surveillance par échographie cardiaque tous les 3 mois. Réversibilité fréquente à l'arrêt ou à l'ajustement.
Effets digestifs
Diarrhée fréquente avec plusieurs thérapies ciblées orales. Gestion par hydratation, conseils alimentaires, ralentisseurs du transit. Nausées moins fréquentes que sous chimiothérapie. Mucite possible avec certaines molécules.
Toxicité hépatique
Élévation des enzymes hépatiques fréquente — d'où l'importance du bilan biologique régulier. Ajustement de dose ou arrêt selon la sévérité.
Toxicité hématologique
Variable selon la molécule : anémie, thrombopénie fréquentes avec les inhibiteurs de PARP ou les inhibiteurs de CDK4/6. Surveillance régulière de la NFS, ajustement de dose si besoin.
Effets endocriniens
Hypothyroïdie fréquente avec les anti-angiogéniques. Diabète possible avec certains TKI. Surveillance régulière, supplémentation si besoin.
Effets oculaires
Avec certaines molécules : troubles visuels, sécheresse oculaire, parfois plus rares (rétinopathie). Surveillance ophtalmologique selon les indications.
Fatigue
Fréquente, généralement modérée. Atténuée par rythme adapté, sommeil suffisant, activité physique douce régulière.
Principes généraux de gestion
- Anticipation : les effets sont expliqués avant le démarrage.
- Reconnaissance précoce : tout symptôme nouveau doit être signalé à l'équipe.
- Ajustement de dose souvent possible pour améliorer la tolérance sans perdre l'efficacité.
- Consultation dermatologue, cardiologue, ophtalmologue, endocrinologue en concertation selon la nature de l'effet.
- Information écrite remise au patient sur les signes à surveiller.
Cas cliniques anonymisés
Deux situations illustrent la diversité des prises en charge. Les détails ont été modifiés pour préserver la confidentialité.
Cas 1 — Femme 50 ans, cancer du sein HER2+ adjuvant
Cancer du sein opéré, statut HER2+ confirmé sur la pièce opératoire. Décision en RCP : thérapie ciblée anti-HER2 en adjuvant après chimiothérapie. Bilan cardiaque pré-thérapeutique normal. Dossier de prise en charge via AMO avec accord préalable (molécule incluse dans l'ALD). Démarrage du traitement en hôpital de jour. Échographie cardiaque tous les 3 mois : stable. Traitement bien toléré, complété sur la durée prévue.
Cas 2 — Homme 60 ans, cancer du poumon EGFR muté métastatique
Cancer du poumon non à petites cellules métastatique. Recherche moléculaire systématique : mutation EGFR identifiée. Décision en RCP : thérapie ciblée anti-EGFR par voie orale. Statut de remboursement : nécessite un dossier ANAM (molécule de nouvelle génération). Constitution et dépôt du dossier par le cabinet. En attendant la réponse : stratégie alternative démarrée pour ne pas perdre de temps. Accord ANAM obtenu à 4 mois. Relais par la thérapie ciblée avec excellente réponse clinique et radiologique. Surveillance dermatologique pour l'éruption acnéiforme attendue.
Le parcours de soins en 4 étapes
1
Consultation initiale
Évaluation, organisation de l'analyse moléculaire si non encore faite.
2
Bilan + dossier
Bilan pré-thérapeutique adapté, dossier de prise en charge (accord AMO ou ANAM).
3
Démarrage du traitement
Voie orale à domicile ou perfusion en hôpital de jour selon la molécule.
4
Suivi régulier
Consultations, biologie, imagerie de réévaluation, gestion des effets.
Ce qu'apporte la consultation
Une consultation pour thérapie ciblée permet concrètement :
- de relire votre dossier (compte-rendu d'anatomopathologie avec analyse moléculaire, bilan d'extension, bilan biologique récent, comptes-rendus de RCP) ;
- de compléter l'analyse moléculaire si nécessaire (techniques manquantes, séquençage plus large) ;
- de confirmer l'indication et de choisir la thérapie ciblée la plus adaptée à votre profil moléculaire ;
- de prescrire le bilan pré-thérapeutique complet (cardiaque, dermatologique, biologique selon la molécule) ;
- d'évaluer le statut de prise en charge de la molécule et de constituer le dossier approprié (accord préalable AMO/CNSS ou dossier ANAM) ;
- d'expliquer les effets attendus et leur gestion préventive ;
- d'informer sur l'observance, les interactions médicamenteuses et alimentaires pour les formes orales ;
- de proposer une stratégie alternative en cas de délai ou de refus de prise en charge ;
- de coordonner avec l'équipe pluridisciplinaire (chirurgien, autres spécialistes) ;
- de discuter un second avis si décision lourde (combinaison de thérapies, résistance, situation complexe).
Questions fréquentes en consultation d'oncologie
1. Qu'est-ce qu'une thérapie ciblée ?
Un traitement qui agit sur une anomalie moléculaire précise de la tumeur (mutation, fusion, surexpression). Médecine de précision.
2. Comment se prend-elle ?
La majorité par voie orale (comprimés à domicile). Certaines par perfusion intraveineuse en hôpital de jour.
3. Pourquoi une analyse moléculaire ?
Parce que la thérapie ciblée n'est efficace que si la cible existe dans votre tumeur. Sans cible, pas de traitement indiqué.
4. Quels sont les effets ?
Cutanés (éruption acnéiforme), digestifs (diarrhée), hypertension, cardiotoxicité variable, hépatiques, hématologiques selon la cible.
5. Vais-je perdre mes cheveux ?
Généralement non. Profil d'effets différent de la chimiothérapie. Effets cutanés en revanche fréquents.
6. La prise en charge au Maroc ?
Mixte : certaines via AMO/CNSS/CNOPS avec accord préalable, d'autres via ANAM. Évaluation au cas par cas par le cabinet.
7. Que faire si une résistance apparaît ?
Une nouvelle biopsie peut identifier le mécanisme. Une autre thérapie ciblée ou un autre traitement peut alors être proposé.
8. Combien de temps dure le traitement ?
Variable : plusieurs mois à un an en adjuvant, tant qu'efficace en métastatique, parfois plusieurs années.
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Consultation à Casablanca
Informations pratiques
Toute évaluation ou demande de second avis nécessite l'analyse du dossier complet en consultation. Aucune prescription n'est faite à distance.
Documents à apporter : compte-rendu d'anatomopathologie complet avec analyse moléculaire (HER2, EGFR, ALK, BRAF, RAS, BRCA, KIT… selon le cancer — central), bilan d'extension récent (CD ou DICOM : scanner, IRM, PET-scan), bilan biologique récent, échographie cardiaque récente si déjà faite, comptes-rendus de RCP, comptes-rendus opératoires et des traitements antérieurs.
Pour organiser un rendez-vous ou un second avis, contactez le secrétariat · ☎ +212 6 94 15 31 90.
Lexique : les mots techniques expliqués
- Thérapie ciblée
- Traitement qui agit sur une anomalie moléculaire précise de la tumeur
- Médecine de précision
- Approche où le traitement est adapté au profil moléculaire de chaque tumeur
- Analyse moléculaire
- Examen de la biopsie pour identifier les anomalies génétiques de la tumeur
- Mutation
- Changement dans la séquence d'un gène qui active anormalement une protéine
- Fusion génique
- Anomalie où deux gènes fusionnent pour créer une protéine anormale
- Surexpression
- Production excessive d'une protéine par les cellules tumorales (HER2 par exemple)
- Inhibiteur de tyrosine kinase (TKI)
- Petite molécule orale qui bloque une enzyme essentielle à la signalisation tumorale
- Anticorps monoclonal
- Grosse molécule administrée en intraveineux qui cible une protéine à la surface des cellules
- Anti-angiogénique
- Bloque la formation des vaisseaux sanguins de la tumeur
- Inhibiteur de PARP
- Bloque la réparation de l'ADN dans les cellules avec mutation BRCA
- NGS
- Séquençage de nouvelle génération — analyse plusieurs gènes en une seule fois
- Immuno-histochimie
- Technique pour visualiser l'expression de protéines sur les cellules de la biopsie
- FISH
- Technique pour détecter des amplifications ou réarrangements génétiques
- Biopsie liquide
- Recherche d'ADN tumoral dans le sang — utile pour suivre la résistance
- Résistance
- Mécanisme par lequel la tumeur échappe à la thérapie ciblée au fil du temps
- Éruption acnéiforme
- Effet cutané fréquent (boutons type acné) avec les anti-EGFR
- ANAM
- Agence Nationale de l'Assurance Maladie — gère certains traitements coûteux au Maroc
Références scientifiques et ce qui change pour vous
Voir les références scientifiques
- ESMO — Clinical Practice Guidelines (référentiels par cancer). Ce qui change pour vous : cadrent les indications des thérapies ciblées selon le profil moléculaire.
- NCCN — Cancer Guidelines (sections thérapies ciblées). Ce qui change pour vous : actualisent les standards internationaux et les nouveaux marqueurs prédictifs.
- ESMO — Recommandations sur le séquençage des tumeurs (NGS). Ce qui change pour vous : harmonisent les bonnes pratiques d'analyse moléculaire.
- ASCO — Society for Clinical Oncology — Précision en oncologie. Ce qui change pour vous : cadrent l'utilisation des analyses moléculaires pour orienter le traitement.
- WHO Classification of Tumours — éditions récentes. Ce qui change pour vous : intègrent les classifications moléculaires des tumeurs.